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Pensionnats autochtones : découverte macabre en Colombie-Britannique

La nouvelle fait grand bruit depuis quelques jours. Nous avons pris le temps avant de vous en parler, car c’est un sujet difficile et qui fait écho au thème de notre prochain dossier, qui paraîtra le 13 juin, consacré aux Autochtones. Mais devant les multiples réactions et les demandes légitimes des jeunes d’en savoir plus, nous avons décidé de faire le point sur cet événement.

Qu’est-ce qui se passe ?

Il y a quelques jours, des ossements ont été découverts, sous la terre, sur le site de l’ancien pensionnat autochtone de Kamloops, en Colombie-Britannique.  

C’est le résultat de recherches menées par par la Première Nation Tk’emlúps te Secwépemc aidée d’experts.

Très rapidement, il a fallu se rendre à l’évidence : c’étaient les restes d’enfants morts il y a de nombreuses années alors qu’ils étaient pensionnaires dans cet établissement. Les experts pensent qu’il s’agit de traces de 215 enfants, dont certains très jeunes.

Si la disparition d’enfants de ce pensionnat avait déjà été mentionnée, il n’avait jamais été question de celle de ces 215 jeunes. Il était aussi connu que les enfants placés dans ce pensionnat étaient mal nourris.

Qu’est-ce que les pensionnats autochtones ?

Des années 1820 à 1996, des enfants autochtones ont été séparés de leur famille et
placés dans des pensionnats
payés par l’État canadien.

Le but était de les assimiler à
la culture canadienne blanche catholique
: leur faire perdre leur culture pour adopter
celle de la majorité.


Les enfants n’avaient plus le droit de parler leur langue ni de respecter leurs traditions.
Certains ont aussi subi des agressions.

Au total, 150 000 enfants auraient été placés
dans ces pensionnats et 6000 seraient morts
.

Quelles sont les réactions ?

Cette découverte a suscité un tollé (de violentes protestations). Partout dans le pays, des rassemblements ont eu lieu en la mémoire de ces enfants.

Rosanne Casimir, la chef de la Première Nation Tk’emlups te Secwépemc, a dit que c’était « une perte impensable ». Perry Bellegarde, le chef de l’Assemblée des Premières Nations, lui, a rappelé qu’une telle découverte s’était déjà produite ailleurs. Mais que ça restait douloureux et « dévastateur ».

Le premier ministre du Canada a déclaré qu’il avait « le coeur brisé » ; celui de la Colombie-Britannique s’est dit « horrifié ».

À Charlottetown, sur l’Île-du-Prince-Édouard, une statue de John A. MacDonald a même été retirée du centre-ville. Le premier premier ministre du Canada est en effet responsable du développement des pensionnats autochtones et d’autres mesures d’oppression (persécution) contre les Autochtones.

👉 Vous pourrez lire notre prochain dossier sur les Autochtones. Parution le 13 juin.

Journaliste : Anne Gaignaire Illustrations : merci à The Noun Project

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